Tout se calma vers les premières notes mais au milieu d'un concerto, un porteur d'eau survint qui arrosa les musiciens, l'un après l'autre. Puis il s'en alla, non sans avoir trempé leurs partitions dans le seau plein qui lui restait. Les musiciens s'y étaient mal accoutumés mais cette lubie provenait du directeur de ce qui est l'unique théâtre de la ville. Aussi ne semblèrent-ils pas en vouloir à celui qui n'était qu'un porteur d'eau. « C'est un seau musical », me confia mon voisin qui était un admirateur du directeur du théâtre. « Il fallait donc, répondis-je en me retournant, que tout cela arrive ». Près de l'entrée, le directeur emplissait deux énormes seaux pour le porteur.
Sur une harmonie rouge démesurée de Karlheinz Stockhausen.
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Conduis-moi, mon amour