pascal seriata

Nombre de messages: 1462 série topographique: Series-City Date d'inscription: 16/12/2004
 | Sujet: Tonne de nuit, seconde série Mar 28 Aoû - 17:55 | |
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C'était un temps de tendresse que sécrétait l'espace la température était d'une tiédeur de corps la ville avait l'aspect d'une couverture si j'ai bien compris il n'y a plus ce temps mais des heures passent qui te rappellent et puis qui m'ensommeillent
J'ai un sommeil d'acier : il dort sous une nuit défigurée cette nuit inutile semble trouée d'éveils stupides je regarde l'horloge : parfois je lui parle "Est-ce toi qui a troué la nuit ?" mais l'aiguille de l'horloge est intacte et les trous de la nuit ne sont pas des blessures pas avant qu'ils n'atteignent mon corps
Percé de nuit par les crocs d'une couverture complice de tous les sacrifices qui justifient toutes sortes de cannibalisme je roule et je déroule la peau de mon ventre comme un drap doublé de sueur mais le moteur de ma cervelle résorbera ce drame composé d'incidents latéraux les incidences de la nuit m'ennuient je préfère donc me rendormir
Tonne de nuit, tu as parlé j'ai perdu mon pari et tu m'as asphyxié quand je tentais de t'endiguer tonne de nuit, tu as noyé le jour quand je prenais le bus je le prenais pour t'écraser, croyant que le chauffeur du bus habitué à ma présence serait mon allié mais contre toi personne ne pouvait s'allier à moi
Je t'ai mise dans un sac j'ai mis le sac sur mon épaule je t'ai portée au lac ou au canal j'ai demandé de l'aide à un bras d'eau mon torse était de feu je me suis regardé rentrer dans un miroir avec mes yeux et mes cheveux de fou j'ai ri - en creusant - une pelle était mon escalier - parcelle de chair et de chaos
Souviendra-t-on demain qu'il y a eu (et c'est très peu) un mort par nuit durant toutes ces nuits et qui souviendra-t-in cela ? Mais quel fardeau pour un cadeau ! Voudriez-vous une tête congestionnée tranchée et présentée dans une bassine de plastique pour cadeau ? Tout ce qu'elle pèse c'est la nuit qui l'alourdit
La nuit est un champ de massacre où je cultive des têtes de mort mon arrosoir est percé comme il faut il pisse le sang (c'est ce qu'il faut) mais le sol est malade, comprenez il me renvoie de l'eau et je baigne dans la sueur à cause des têtes de mort qui me parlent d'effroi et de beffroi ma pioche n'a plus de manche et de mon arrosoir qui pisse le sang je creuse la terre pour y enfouir la nuit
La nuit éveille mes morts mes nuits sont plus nombreuses dès lors et la pas de la porte s'est mis à craquer sous la pression de ces nuits excessives ma main sur la poignée aurait dû la briser mais ce n'était qu'un rêve – il pesait une tonne les couvertures me rendormaient et certains disent que les morts rêvent mal ? Mes nuits sont précédées de visites trouées que déblatèrent des spécialistes de tous ordres inopportuns, spécialement incompétents que les taise la nuit
Sous ton poids craquelé j'ai espéré comme on aspire quand on est incapable d'expirer mais j'ai tenu le coup entre tes doigts comme des grilles dont la fonction était assurément de me clouer le bec mon corps horizontal se gondolait je m'enivrais de mon sang fermenté et j'espérais encore abreuver ceux qui me restaient entre les ombres – les barreaux les quelques tonnes de poussière de nuit mais j'espérais bien mal fort mal et incapable de tenir ce qu'on appelle la respiration
Respire, aspire ce qui appelle, épelle le nom de la nuit qui pèse et qui te pèse sur un petit chariot on te promène
c'est pour te parer de plus beaux habits que ceux que t'a offerts la nuit qund n'eus plus, roi nu, assez de souffle pour chanter on te malmène
et quelqu'un te dégomme ou quelque chose – on te trimballe de brouette en brouette avec tes habits souillés et rouillés pour un trafic invraisemblable
Tonne de nuit tenue de descente de lit tais-toi donc, tais-toi tu ne sais pas ce que tu dis
à la nuit ronde et aux éclats d'obus qui devraient te défigurer puis au matin, oui buvons au matin à pas d'heure
mais l'aigre goût de sang coagulé et fermenté achève de se répandre dans ta gorge malmenée gorgée d'une petit tonne de nuit
Moi, je déclare qu'on n'avait jamais vu cela et je m'explique ou je t'explique ou je voudrais te dire ou te répondre encore, encore on n'avait jamais vu cela de mémoire de nuit jamais – et je parle à un cercle qu'on n'a jamais vu auparavant jamais un tel segment de soir jamais un cercle comme une pleine lune pareille à toi et absentée comme toi
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pascal seriata

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 | Sujet: Re: Tonne de nuit, seconde série Jeu 30 Aoû - 21:09 | |
| Je pourrais mordre la poussière cela ne me dérange pas – je pourrais assister à un enterrement mon jardin est immense je pourrais replier la nuit – tonne contre tonne mes doigts sont comme des puits de forage je pourrais, je pourrais rester les bras ballants aussi la tête comme un ballon poitrine gazinière mais je serais un poteau électrique et ma lumière achèverait de balayer la ville que la nuit engloutit
C'est un jardin aux herbes violacées, coulures de nuit sa grille est enfoncée dans mon crâne et le sol est retourné par l'amertume de sa pesanteur je saurai te l'offrir ce jardin a bien pu rétrécir le temps n'y est pour rien c'est ma cravate qui était trop serrée ou trop petite pour me servir de couverture alors les algues, les herbes violettes sont retombées sur mes paupières et la nuit engloutie a paru un naufrage à ma coque éventrée, éventuelle ou éventée _________________ Conduis-moi, mon amour |
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