Archives du sériographe

Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    Conglomérat

    Partagez

    Gilles
    Invité

    Conglomérat

    Message  Gilles le Lun 14 Mar 2005 - 6:21

    polo (in « Technique sérielle ») a écrit:Ainsi du rêve et de la vie aussi. Mais du rêve, de la façon la plus manifeste. Il n'y a jamais "un" récit de rêve mais un conglomérat indescriptible d'impressions et de pensée.
    En effet. J'ai noté un rêve, très long, sur cinq pages de carnet 10x20 environ. Ensuite j'ai établi (je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que j'ai entendu le mot polo à la télé) une liste des mots qui revenaient dans chacune des trois rédactions que j'ai faites, à mesure que des images du rêve me revenaient en mémoire. Voici la synthèse, sous forme de poème.

          J'ai sur la peau la couleur de tes doigts
          J'ai dans le cœur la chaleur de tes mots
          J'ai sur les yeux le souvenir de tes pas
          Et dans la tête la saveur de toi

     
    Le texte de Polo que je cite est ce message.
     

    Gilles
    Invité

    Re: Conglomérat

    Message  Gilles le Mar 28 Juin 2005 - 20:06

    Ce forum est-il un rêve ?
     
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Mer 29 Juin 2005 - 3:17

    comme les rêves sont des sortes de forums
    avatar
    llongavidda
    seriinii

    Nombre de messages : 367
    Date d'inscription : 18/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  llongavidda le Sam 9 Juil 2005 - 16:21

    Genet fait la réflexion dans Querelle de Brest à propos du rêve que rapporte un personnage dans son journal, qu'il ne se rappelle pas de son rêve mais qu'il le refait en le notant.
    Il n'y a peut-être pas tant de récits possibles pour un rêve donné.
    Car les rêves nous sont donnés. Par nous-mêmes.
    "Mêmes" : pas sûr..., mais ils vont de nous à nous. Ce qui est proprement incompréhensible.
    Ensuite, ils ne nous sont pas forcément donnés à comprendre. Ce qui rend bizarre le fait de s'en souvenir. Beau et toujours aussi incompréhensible.
    Je pense que les rêves sont comme les poèmes. On ne peut pas les récrire.
    Je pense que les rêves sont comme la chance. Sans bonjour ni au revoir.
    Je pense que les rêves sont comme le hasard. Ils expliquent inexplicablement l'inexplicable.
    Je pense que les rêves sont comme l'amour. Ils ne donnent aucune preuve.
    Je pense que les rêves sont comme Dieu.


    Dernière édition par le Dim 10 Juil 2005 - 10:26, édité 1 fois
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Dim 10 Juil 2005 - 1:07

    Je pense juste comme toi !
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Mer 3 Aoû 2005 - 15:07

    llongavidda a écrit:Je pense que les rêves sont comme les poèmes. On ne peut pas les récrire.

    On ne peut pas les récrire. On peut les écrire.
    Pourtant l'écriture du rêve n'est qu'une suite de failles : on rejoue son éveil, au moment où il fuit, déjà derrière. Nous allons au-devant de nous pour retrouver un peu de cet arrière déjà défait. Récrire, écrire le rêve, devient une expérience double et qui se dédoublera longtemps : l'expérience immédiate, de la notation ; l'expérience immédiate du texte. L'expérience du rêve et son "impérience". Quelle confusion...
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Mer 3 Aoû 2005 - 15:11

    Gilles a écrit:
          J'ai sur la peau la couleur de tes doigts
          J'ai dans le cœur la chaleur de tes mots
          J'ai sur les yeux le souvenir de tes pas
          Et dans la tête la saveur de toi

    Le rêve intervient continuellement dans les opérations qui touchent à la poésie et son rôle dans l'activité de traduction aussi me semble primordiale.
    avatar
    llongavidda
    seriinii

    Nombre de messages : 367
    Date d'inscription : 18/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  llongavidda le Ven 5 Aoû 2005 - 14:19

    D’accord pour récit de rêve = traduction, et même
    Egalent
    - Restauration d’une œuvre d’art ;
    - Interprétation d’un morceau de musique ;
    - …

    L’individu (rêveur, traducteur, restaurateur, interprète…) reçoit ou est saisi ou se saisit de l’objet (à transcrire, à traduire, à restaurer, à exécuter…) pour
    - Se l’approprier : le rêve en effet, jusqu’à quel point appartient-il plus au rêveur que le texte au traducteur, l’œuvre au conservateur, le scherzo au pianiste ?
    - Marquer résolument par son intervention l’histoire de cet objet (avec cette nuance que la résolution ne doit pas être définitive pour le restaurateur-conservateur qui obéit au principe de réversibilité de son action sur l’objet : ce principe, quel serait son équivalent chez les autres –ducteurs ?)
    - Remettre l’objet à sa place : laisser fuir le rêve dans le passé et l’abstraction d’où on l’avait tiré, donner à la collectivité le texte en langue étrangère à lire, rendre à la collectivité l’œuvre d’art édulcorée de ce qui empêchait d’en connaître la valeur (indépendamment de son vieillissement naturel), rendre audible à tous le morceau composé par un autre.
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Lun 8 Aoû 2005 - 1:23

    D’accord pour récit de rêve = traduction, et même
    Egalent
    - Restauration d’une œuvre d’art ;
    - Interprétation d’un morceau de musique

    Je suis plus sceptique pour l'oeuvre d'art, qui implique un "retour à l'original" ou une version plus "authentique" qu'une autre.
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Lun 8 Aoû 2005 - 1:25

    Se l'approprier.
    Une bribe de phrase entendue, voici longtemps, dans le bus (d'une jeune fille qui parlait à ses amis du rêve qu'elle venait de faire) : "Un rêve chelou... faut pas comprendre."
    Il est bien vrai que l'appropriation du rêve par le rêveur est un choix (contrairement au rêve lui-même).
    avatar
    llongavidda
    seriinii

    Nombre de messages : 367
    Date d'inscription : 18/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  llongavidda le Sam 13 Aoû 2005 - 17:30

    pascal a écrit:
    D’accord pour récit de rêve = traduction, et même
    Egalent
    - Restauration d’une œuvre d’art ;
    - Interprétation d’un morceau de musique

    Je suis plus sceptique pour l'oeuvre d'art, qui implique un "retour à l'original" ou une version plus "authentique" qu'une autre.

    Tout dépend de l'"école" de restauration : un des courants prend en compte l'histoire que l'oeuvre connaît depuis sa création et respecte le passage du temps et ses épreuves sur l'oeuvre, non pas moins "authentique"...
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Dim 14 Aoû 2005 - 11:08

    Tu es devenu un viruose de la citation, on diraît.
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Dim 14 Aoû 2005 - 11:21

    J'aurais rêvé de voir en spectateur les premiers musiciens à avoir tenté d'interpréter Webern, musique inouïe entre toutes et d'une rigoureuse cohérence mais dénuée de tout repère traditionnel (dans l'expressivité, la forme des phrases, le rapport au silence...)

    Donner le sens de cette musique a été l'objet de luttes vives entre Boulez et Leibowitz, notamment. Et Boulez lui-même a bien évolué sur la question : il suffit de comparer ses premières interprétations de Webern, dans les années 50, et les plus récentes (2000) pour mesurer le chemin parcouru. Inflexions nerveuses, saccades sonores, éclat des dissonances caractérisent le Webern de la jeunesse de Boulez ; en 2000, c'est un Webern ample, aux tempos les plus larges, aux timbres les plus nuancés, chez qui la notion de "dissonance" n'existe même plus, que Boulez donne à entendre.

    Le rêve, l'oeuvre, n'ont en somme de réalité que dans la compréhension que nous en avons. De ce constat, certaines avant-gardes ont déduit une nullité de l'art. Faisant chemin inverse, recherchons donc une compréhension la plus heureuse possible de ce qui n'est que par nous. Car ce n'est pas tant que ces choses n'existent pas ; mais que cette existence "quantique" est une fragilité et une beauté.
    avatar
    llongavidda
    seriinii

    Nombre de messages : 367
    Date d'inscription : 18/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  llongavidda le Mar 16 Aoû 2005 - 17:22

    plus le temps de continuer cette conversation passionnante, on la reprend après-demain (je parle en temps actuel) ? ou in vivo mais là... çô serait grandioôse
    avatar
    Irpli
    seriata

    Nombre de messages : 2073
    série topographique : Series-City
    Date d'inscription : 16/12/2004

    Re: Conglomérat

    Message  Irpli le Lun 22 Aoû 2005 - 3:23

    et ce le fut !

    Contenu sponsorisé

    Re: Conglomérat

    Message  Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Lun 24 Juil 2017 - 1:47