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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    lumières

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    ireine
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    lumières

    Message  ireine le Mar 6 Juin 2006 - 6:20

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    Des drames
    qui s’étaient passés de l’autre côté
    ou au bout du fond de la prairie près de ce qui semblait comme le fleuve,
    le fond de soi une eau huileuse et lente c’est
    ce livre
    qui vous a fait penser aux deux mondes
    qui vous avait fait entrevoir le ravin,
    entre deux

    Des drames aux émanations maintenant
    décolorées, translucides
    parois sèches dans le vent de mai, iris à contre-jour du soleil et la nappe
    les prairies qui descendent la nappe de l’eau
    huileuse un fleuve
    gris presque vert.

    Comme la lumière sur le ruban discontinu
    des toits de métal
    des voitures à contre courant
    atténuée,
    une lumière de juin en fin de jour nuageux,
    en face de soi on descend
    quelque part on se laisse
    conduire
    le soleil
    maintient quand même ce halo gris et ces miroirs - en soi
    sur chaque feuille si on allait vraiment les voir si on prenait vraiment soin de leur
    existence,
    chaque feuille ovale et fraîche comme soi
    à chaque place exacte dans l’enchevêtrement glorieux
    du chèvrefeuille
    avant toute floraison.

    Des histoires, d’il y a longtemps, que les enfants ouvrent
    et ferment
    appeler les enfants au fond du jardin
    appeler
    un oiseau


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    j’étais debout
    j’étais sur le seuil, mais déjà dehors
    j’étais entourée de lumière devant, et derrière aussi et de chaque côté de moi et jusqu’à l’extrémité de ce que je peux voir la lumière était une colonne et je pouvais
    m’y appuyer
    la lumière était une flèche longue un javelot qui se fiche
    vibrant longtemps et immobile en même temps à portée de main et les mains le long du corps j’étais
    les yeux plus largement ouverts que feuilles, que partout ailleurs, dehors devant
    une entrée
    une maison sans doute familière une maison un seuil qu’on a cent et cent fois franchi dans les deux sens, où se croisent
    à chaque passage
    de porte à chaque volée d’escalier les immobiles reflets de soi-même ancien – mais, dehors
    dans la blancheur éclatante
    dans la calme respiration de ce qui ne vit pas
    de ce qui seulement entoure et se livre, ouvert, à votre intérieur à votre monde interne à l’intérieur du sombre dedans de soi,
    dans cette gaine élargie qu’offre la blanche lumière d’un jour éblouissant - un jour d’été on est

    entièrement nouveau, on ne porte rien et la lumière vous élève

    comme la mère élève l’enfant comme le père l’élève et le transporte près de son épaule et comme l’enfant
    à demi nu contre l’épaule fines sueurs qui se mélangent
    regarde - voit

    le monde intérieur de la maison sombre derrière son père debout dans la lumière d’août.




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    chaque goutte d’eau en porte un peu.
    sur ton front ce qui s’installe avec elles et ressemble à la nuit,
    dans le vernis de leur fusion, juste au dessus de tes arcades,
    de tes sourcils l’eau porte la lumière du dessus descendant et tes
    cheveux eux-aussi se courbent sous l’éclat le poids des pluies d’été, s’obscurcissent
    attendant une main distraite

    une main comme tremble
    sans cesse au fond des grottes
    l’éclat virtuel de la lampe,
    marcheur si profond, si profondément parti.

    La lumière se tient à l’entrée et au fond, elle met son doigt dans l’orifice
    et se tient attentive
    patiente se tient devant l’issue, attendant la lampe qui cassera sur l’eau noire les anneaux roux et clapotants du chemin qu’on ne prend pas
    marcher sur l’eau sur la lumière, monter sur ce qui hésite et tremble une gorge un collier de femme cassé
    tu marches pourtant et pénètres,
    tu cherches
    voilà l’entrée de la grotte marcheur accompagné
    de la lumière
    de la pluie.


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    4






    revenez, vers la clarté des vieilles dames
    une gaze blanche
    sous la brûlure des soleils, une buée
    sur la vitre des salles de bains et dans l’eau trouble
    un cercle sur l ‘émail.
    Ce qui est maintenant vide, qui a changé et qu’on ne trouvera pas
    si loin si bas qu’on aille, si passé
    leur rire devant la lumière du corps enfantin. La lumière du lavabo.

    Quand ploierons-nous encore, quand nous coucherons-nous dans cette feuille de papier froissé, et quadrillé ?
    quand serons-nous entourés de ce papier-là où tout s’écrit ? Même début même fin, les méandres entre eux et la paresseuse verdeur des derniers kilomètres, l’élan initial absorbé dans la résistance
    de la terre, pluie et piétinement serré sur l’eau des rivières, petits pas
    devant le pêcheur latent
    que nous sommes
    imperméables gris brillant d’eau sous les doigts patients
    du temps, et notre peau
    à l’abri des regards rejoignant la lumière secrète
    des yeux
    de celle qui nous savonnait, nus et lisses,
    suivant chaque courbe
    dans sa chaste défaite.



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    5






    lumière des éventails, qui nous caches,
    et devant la charrue lumière des bœufs mythiques
    je t’ai suivie le long
    d’un escalier

    de l’autre côté de l’autre monde
    Glissante, bleue, sur les flancs de toute bête, de toute montagne de moi-même oblique
    et si différente de ce qui atteignait le fond des puits
    lumière des nuages flous et des neiges,
    sale,
    rassemblée dans les creux du côté nord, fondue.

    Oui,

    lumière couleur de neige sale,
    je te regarde tandis que l’herbe file, et les arbres de chaque côté de moi je te vois
    descendre, en écroulement lent
    des nuages ouverts comme un flanc de la mort
    comme je voyais son visage, celui qui m’a accompagnée

    mais le temps de la magie s’écoule s’est écoulé
    la magie
    dans la boue glacée
    à l’envers de tes neiges, lumière que cache le sorcier
    découpant sur l’horizon
    du monde un autre espace
    lumière qui fais un autre voyage (où l’on n’est jamais seul).
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    Re: lumières

    Message  Irpli le Ven 9 Juin 2006 - 0:42

    La lumière est la première des magies, peut-être. Ou la parole ?

    ireine
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    Re: lumières

    Message  ireine le Ven 9 Juin 2006 - 3:03

    oui,
    "Que la lumière soit.
    Et la lumière fut...."

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    Re: lumières

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