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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    et c'est peut-être une farce.

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    Rio Mavuba
    serion

    Nombre de messages : 26
    Date d'inscription : 20/11/2005

    et c'est peut-être une farce.

    Message  Rio Mavuba le Ven 8 Déc 2006 - 21:20

    53 l’inadmissible


    Petit fils des paysages de terre, de feu et de soleils, je n’approuve plus, moi qui jadis sortit la tête pour mieux y voir, le snobisme de vos conduites auquel je me suis doucement conformé comme une rayonnante blague. Souviens toi la fleur souriante que tu fus, et l’arbre, grand arbre, car désormais tu meurs, déjà, de la substance noirâtre qu’auparavant tu projetais. Les cimetières hurlent ensemble le douloureux mot que tu peignais sur tes branches et tes pétales fanées. Espoir qu‘ils disaient… Ces bonhommes avachis, ces fossiles de pathos. Mais jamais plus jamais il n’y aura d’espoir. Ne savais-tu pas que poétique est ma demeure, mon envie d’édifier? Poétique comme cette couleur que vous appelez noire, comme ce grand mot que vous baptisez mépris. Désormais vos plaies écrites en sont indignes et votre sang est encore rouge. Oui, votre mépris est mort au nom de la tolérance, cette tolérance blasphématoire, cette idée qui ne l’est plus, ce chant devenu conduite, conforme conduite, cette immondices trop domptable, excrément factice. Se conformer… Ce lieu, le votre, où toutes les plumes paradent d’ennui. Je n’ai plus de lieu, et j’avoue, seul, la noblesse du mensonge que j’exhibe.

    J
    ’ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. Arthur Rimbaud.



    54 l’insoutenable


    Et si le bonheur qu’engendre la liberté fait le malheur de tous, je veux bien être libre, détourner le rayon de la cime. Et baiser dans les champs, oui, ma douce et belle compagne. De rien, j’avais su. La négritude de mon vomi, le cul des hommes accrochés inlassablement aux douleurs des femmes sans visage. Celui qui pue, écorché d’éclaboussements et d’humectages, enténébré par l’haleine fétide de ces flâneurs aux longues paroles n‘a de lexèmes alors plus exécrables que celle de sa vie, de sa composition abolie et misérable. Jaloux de leurs altesses sûrement, avide d’être le haut de gamme de la ratio populaire, lui qui va même à porter les cravates de ceux qu‘il admire, les mêmes sourires et qui enlise seulement dans l’opacité de son cœur, opacité qu’il a cru bon détenir en faisant abstraction des autres, maintenant dévoilée auprès du public qu‘il aime tant, par soucis d’admiration, de gratitude, son âme, son unique soi-même, alors que rien de tout cela n’arrêtera la longue maladie qui le pénètre au nom de la vie; et lui qui pleure arrivé au moment de se dissoudre dans les enfers sans n’avoir jamais ressentit un quelconque chagrin pour le malheur d’un homme, est un imbécile car grand est celui qui assume sa misère. Car il n’y a point de mal à vouloir le vice propre. Transparaître alors le monde, rivé l’œil du voyant, et devenir des pluies aux neiges tombées le danseur des vérités auxquelles générations et générations survolent en masse. Je ne suis pas la voix qu’il faut à se peuple et malgré tout je l’aime et j’aime les clameurs qui émanent de son besogneux fatras.

    Cela ce tient à ce qu’un homme ordinaire mais intelligent, même si il se croit à l’occasion (voire pendant toute sa vie) doué de génie et d’originalité, n’en garde pas moins dans son cœur le ver du doute qui le ronge au point d’en finir parfois par le jeter dans un complet désespoir. Dostoïevski.



    55 la morsure


    Je jette la possibilité du sens aux censeurs et critiques. Son pouvoir. Les mots et seuls les mots. Une sincérité faites de mensonges, d’histoires au creux du sens, tâtée en vue de ces milles retours immortels qui enverront mon œuvre dormir dans l’éternité. Je vous attend la vermine aux claviers, je souhaite, le doute oscillé sur l’écran de vos ordinateurs et l’indécision de vos lumières trompées. Mais votre oubli, votre disparition. Et votre sagesse. Lointaine sagesse. Le sens n’a plus de limites et les belles lettres ont pris peur. Il fut une jolie fable au nom d’un monde nouveau, une révolution qui heurta à jamais les hommes. Une barbarie dont je me réclame. Une barbarie est née en moi. Ce jour, ce mois, cette année toute ma vie. Nous sommes les fils de ce jour cynique, et tout désormais raisonnera dans cette image, pour cette image jusqu‘à en oublier ce qui auparavant faisant grandeur des écritures. Ce qui. Décrépitudes. Infâmes gerbes de théories de salopes, révélatrices du manque de sens ambiant, du manque de haine, du manque d’amour… et qu’il faille mourir pour l’idée d’une philosophie véritable ! Et qu’il faille vivre de toute sa haine, de toute sa vie ! Tout dire, un long examen, et j’en suis la prémisse, l’ébauche d’une portée nouvelle du sens. J’ouvre la porte et donne ainsi les clés à la réinvention de la vie. Il en faudra des pensées pour qu’une s’établisse manifestement, et ce jour la, tous auront le sourire, tous auront saisi l’immuable sens de cette mélodie vitale.

    « Nature:
    est-ce l’existence,
    lieu où le passable sodomite crève à monter sa tour lointaine,

    ou ton inclination
    semblable à la faiblesse de tes forêts sans pouvoir,

    que tu pleures à la lumière des misères du monde ? »



    56 l’infortuné


    Les infortunés, pauvres ou petits hommes des villes se croyant être ce qu’ils ne comprennent pas y interpréteront au delà de la beauté que dégagent ces lignes, de la provocation seule et de la méchanceté gratuite. Je crois avoir été assez explicite pour que l’on ne m’en tienne pas compte, j’espère tout du moins l’avoir été sous forme de quelques courtes phrases placées là et là. Et je parlais tantôt de fleurs, tantôt je questionnais et m‘enivrai du charmant breuvage. Un sens provocateur. Et c’est charmant. Pléonatiquement j’en sais. Car le sens est en quelque sorte tout ce que l’on peut écrire et j’ai voulu faire du sens, sans me soucier de provoquer. Sens malade sur reprises. Reprises? Quoi salope? Va écrire tes idylles à deux balles, et bouffe ton livre. Le fait est que le sens, dans l‘écriture pure, est irréductible à telle ou telle conduite. Nous sommes le sens, donc provocateur et amoureux, donc moraliste et tout ce qui s’en suit. En têtes les surréalistes qui croyaient bien faire quand bien même le sens croulait dans les prisons les plus noires, avec leur non sens, leur psychanalyse merdique, alors que l’entière portée de l’autre restait à déchiffrer. Nous avons tout attendu et ce XXIème siècle flamboie tout juste. Tout attendu pour tout dire enfin. Nous avons pour référence les seuls ouvreurs de brèches que la terre ai porté.


    57 l’envie de meurtre


    Sous l’ombre diffuse. Et les aubes sont navrantes ! Et les grandes cheminées, alors !!? Ces départs qui déchirent les cœurs, bienveillamment saoulées de mélopées languides. Si prisé par les mots ! Moi qui parfois étouffe la lune le long des murs d’étoiles et qui danse les complaintes les plus lumineuses, moi qui donne aux mendiants par pitié, par dégoût, moi qui sonde le territoire afin que les macaques abhorrent ma plume de toute sa profondeur, moi. Moi. La peur au ventre. Cigarette posée sur le coin de ma bouche. Aujourd’hui. Le soleil, il fait beau aujourd’hui et l’éternité implore par ses milles tableaux passés, le suicide de son image. Les chemins en disent long sur la marche des hommes. Et les hommes n’en savent rien, le rythme les attend caché, gueule ouverte, au fond du gouffre, prêt à recueillir leurs cadavres. C’est l’interminable foudre des existences solennels, ce sont ces voix oui, ces voix qui appellent aux couleurs, qui violeront la chaire de ces tyrans ratés, pour qui leurs vies se résume à dicter, de valeurs en valeurs, de lois en cultes, à dicter, marionnettes sous coup de poudre… Le matin, l’aube divulgue le mystère, je suis un citronnier sans fruits et le soleil m’encense et brille pour moi. Je n’apporte rien aux hommes, je suis un mensonge sans fruits. Sans fruits j’ai dit, mes branches sont bien trop chétives, et seule mon âme porte ce que j’ai tant souhaité porter. Lumière ai-je dit, lumière de poésie, lumière coulée au creux des eaux noirâtres. La putain danse encore. La valse des fils de putes au bord du fleuve des rêves. J’ai encore du sperme sur le visage, par force de temps, et des cafards noyées dans l’estomac.

    La chaîne les maintient encore.



    58 le visage



    J’offre ces répugnantes façades pour que l’opprobre retombe sur ceux… L’écriture, comme cet absinthe éthylique. Parfois. Qu’ai-je à dire? Pas moins que les autres. D’aphrodisiaques en extases monstrueuses. Le verre d’eau repose sur la table mis à l’avant par ce machiniste aux cheveux noirs, à la peau déchiquetée, en lambeaux. Par ses années de labeurs, travail choisit au nom d’une dignité dîtes, qu’il cherche encore, à défaut de ne jamais l’avoir ressentit dans son souffle. Allez crier au complot ! Vos sacrifices et vos visages, compassion imbéciles. Soucieux d’être libres… Foutaises, vos sacrifices en témoignent, cette crasse ardente vous brime les mains. Répandue sur les cous. Et je suis seul au monde. Mes amis roupillent derrière les montagnes, trop loin des mers en tempêtes. L’écriture? Rien de plus troublant, rien de plus dérangeant que le pouvoir absolu. Substantif et. Verbe! Possible, la chute en serait probablement de même largeur et le bétail n’aboierai plus, les pleurs en torts sur son sourire. Cessez de comprendre. Sacrifices absurdes. Le monde est fait de trop de gens qui comprennent. De pignoufs. J’envie le suicidé au rire joyeux, celui qui attristé par la vie s’élance cœur léger tel un ange et retombe sur la route, les organes giclant, vomis sur les pares-brises de véhicules.

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