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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    "Territoir des Oiseaux."

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    cloud
    sri

    Nombre de messages : 7
    Date d'inscription : 23/03/2008

    "Territoir des Oiseaux."

    Message  cloud le Dim 23 Mar 2008 - 16:32

    Tous les pays qui n'ont plus de légende
    Seront condamnés à mourir de froid...


    Ho ! le terrible ‘Territoir des Oiseaux’ !
    Aucune grille en fer forgé ne l’enfermera jamais ; par endroits, il n’y a que de vielles portes de bois qui brûlent. Déjà, nous avons franchi sa frontière, sans alarme, et pénétrons un nouveau monde, explorateurs plutôt qu’hommes. Les sentiers du début

    commencement circulaire, infini

    sont tous étroits et dangereux, perdus ainsi que dans une forêt du Caucase, ou des bois de Bretagne. Nous n’avons visité aucun de ces paysages. Ou le carrefour cuisant d’un village du midi. Ou l’anti-chambre d’un hôtel sale de Londres. Les goûts et les couleurs se discutent, s’affrontent. Dans la rue qui suit juste après, des peintures fauves indiquent la prochaine auberge : ‘Boissons et tambourins. Chambres à l’étage.’

    La rue des Oublis. Cette rue, je l’ai vue, en rêve… j’y étais presque.

    Maintenant, j’y suis.

    Et mon cœur et ma tête se remettent dans des états d’intense nostalgie, de pressentiments d’atmosphères englouties… c’était à Montmartre, une rue en pente, tortueuse, sous un champs de vignes surprenant. Le ciel était gris, lourd, aveugle, nuages en station de fin d’après-midi. Et les volets clos d’ailleurs, de localité du Sud légendaire, et les pavés désordonnés en érection, et l’humus et le mur et toute la magie en suspens ! Tout, tout est parti de ce lieu, sans nom, son nom sonne pourtant: ‘la rue des Oublis’. Tout, tout part de ce lieu, les rêves et leurs réalisations. La recherche du continent caché, à construire. Les illusions grandioses, les joies à venir, les peines du moment, la poésie.

    La ‘rue des Oublis’ existe.

    Je n’aurais pas cru me bouleverser avec la vigueur du plus lointain des voyages, ici, à Paris, à Montmartre, Montmartre le Mort, Montmartre l’artiste Suicidé, Montmartre le Touriste de l’Apocalypse. Une foi de conte de fée aux teintes réelles, alliée aux plus solides et brillants métaux de la logique, furent mon don tombé du ciel, ma surprise éjaculée des pavés.

    Alors, je puis à nouveau évoquer le terrible ‘Territoir des oiseaux’. Alors voilà pourquoi tout commence (poursuit) là-bas (ici) par un sentier, étroit, étrange, silencieux, rouge, gris, nommé le ‘Sentier des Oublis’. Alors je pense écrire, je pense ‘ho ! le terrible Territoir des Oiseaux’, et je pense avant d’écrire, une contrée d’aucune structure déprimante, où l’Argent finit dans la boue avec la poussière des juments, une contrée de dons et de rites retrouvés, malgré tout sceptiques, sans cesse interrogés, une contrée d’alchimie entre odeurs, saveurs, soleil et vent salvateur, seul coup de trique joyeux, horrible, mélancolique, gourmand, amoureux… possible.

    Territoir des Oiseaux, terrible contrée pour un renouvellement du cœur et de l’esprit, géographie des poètes et poésie des géographes, nature et bizarrerie…

    J’évoque, fébrile, un territoire à réaliser, depuis le Sentier des Oublis, magnifique première expérience, jusqu’au Château des Richesses lézardé de musiques, de paresses et de jeux, dressé comme une flamme, n’importe où au centre, forcément sur un rivage, bien en face des beautés définitives de la mer,

    volatile concrétisation du bonheur.

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