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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    Strcucture sérielle du dogmatisme

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    Irpli
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    Strcucture sérielle du dogmatisme

    Message  Irpli le Mer 15 Oct 2008 - 16:54

    L'actualité du Salon de la revue a permis de (ne pas) retrouver de vieilles connaissances : le clan meschonnicien.

    Je tenais à signaler le riche débat qui s'est développé, ces derniers jours, sur le Blog des auteurs de la Ral,m (dont je suis jusqu'ici un contributeur esseulé) :

    faire salon avec, une première note nostalgique :
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    a été suivie d'une comparaison risque entre Derrick et la critique de la poétique :
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    Suite à la réponse exaspérée de M. Martin, un point d'étape a été esquissé :
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    Je vousb tiendrai informés des dévelioppements à venir du drame.
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    Juliet
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    Re: Strcucture sérielle du dogmatisme

    Message  Juliet le Jeu 16 Oct 2008 - 9:04

    Tu as subi quelques perturbations me semble t-il?
    Je vais essayer à l'avenir de contribuer au mouvement.
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    Irpli
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    Re: Strcucture sérielle du dogmatisme

    Message  Irpli le Ven 17 Oct 2008 - 14:09

    La question de savoir ce qu'il faut faire de cette chose (le "discours meschoinnicien") se pose hélas pas seulement pour un esprit perturbé comme le mien, Juliette !

    La pensée de ce monsieur par ailleurs fort estimable se pose à une certaine place dans le panorama des idées contemporaines. En matière de littérature, tout d'abord.

    Henri Meschonnic a entamé à la fin des années soixante une pensée née dans le structuralisme. Quand il publie l'excellent, "Pour la poétique, 1", il affirme (et je le suis entièrement sur cette voie) : "La question n'est pas de savoir s'il faut être structuraliste mais comment il faut être structuraliste". Ce livre ramasse bien les enjeux du langage poétique de son temps, il le fait avec vigueur. Meschonnic, à ce moment, s'appuie largement sur Jakobson. Son amour des oppositions binaires le fait alors rejeter Saussure. Quelques années plus tard, le schéma s'inversera et Meschonnic prétendra rejeter le structuralisme. Le malheur étant qu'il n'aura rien ajouté aux analyses de Saussure, ni de Jakobson, sauf de la confusion.

    Au seuil des années 1980, Henri Meschonnic publie "Critique du rythme", un gros et beau livre où il passe en revue les enjeux théoriques de la notion de "rythme", dans sa définition générale et dans son application à la poésie. Un certain désordre caractérise l'agencement de l'ouvrage, qui n'offre pas de vue systématique. la chose ne fait que s'aggraver dans les années qui suivent.

    Issu du structuralisme, Meschonnic rejette peu à peu la dimension scientifique et s'essaie à une écriture théorique qui se veut elle-même poème. Ce qui est saisissant, c'est la parenté de ce style avec celui de Heidegger, que le maître rejette. Il s'enferme dans un réseau relativement limité de raisonnements circulaires, autotéliques, qui opposent comme pour une vraie guerre le "signe" (tout ce qui est du fixe, du catégoriel) et le "rythme (le mouvant, le fluctuant, le libre, le sujet !)

    Le signe, c'est le binôme "signifiant-signifié", en langage courant son et sens, séparation il est vrai inadéquate mais que Meschonnic abhorre proprement. Il propose donc une théorie du "rythme" qui multiplie les approximations. Un ami avait montré les incohérences et fantaisies dont Meschonnic avait truffé une analyse d'un poème de Rimbaud, dans "Critique du rythme". Le problème est celui de la rime, autant que du rythme.

    Au lieu de préciser l'analyse de ces éléments fins du poème, ce qui implique une approche relativement rigoureuse, Meschonnic part d'une série de présupposés qui fondent une idéologie un peu grotesque, l'idéologie du rythme.

    A l'époque de Lascaux rasé, de 1995 à 1998, Meschonnic a exercé sur grande influence sur nous. Mais nous fûmes, notamment avec l'ami Christophe G., les malheureux témoins d'une dogmatisation extraordinaire du discours meschonnicien. Nous avons pensé, un temps, que le maître renverrait les disciples à leurs études. Cela semblait induit par une théorie qui demande "la critique de la critique". C'est le contraire qui est arrivé. Et Gérard Dessons, qui nous semblait alors apauvrir la pensée de Meschonnic, paraît aujourd'hui le plus avancé de ses disciples ! Il faut dire qu'il a du métier.

    L'aventure de Meschonnic ramasse une part de celle de la poésie de ce temps : chez Gallimard jusqu'au milieu des années 70, il s'est ostracisé progressivement jusqu'à reconstituer un réseau essentiellement universitaire. Il me fascine de voir le fonctionnement de ce petit réseau, qui s'ancre dans l'institution à travers un petit sociolecte poétique qui n'a plus de sens à force d'être reassassé : l'expression "dans et par le langage", ressassée à l'infini !

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    Il serait dommage de laisser le terrain de la poétique à de tels miljitants. La chose est trop belle. Elle passe par la lecture d'auteurs graves tels que Paul Claudel, Youri Tynianov, Roman Jakobson, Youri Lotman, autant que par Meschonnic, dont l'apport se borne au final à des affirmations de principe. Ce qu'il appelle "sémantique sérielle" n'est "ni fait ni à faire". Or, il s'agit de l'activité phonologique du poème, de ce qu'elle charrie de sens et d'intensité. L'inventaire s'impose.

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    Re: Strcucture sérielle du dogmatisme

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