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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    L'horreur du sol

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    L'horreur du sol

    Message  Irpli le Mar 14 Sep 2010 - 2:58

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    Janvier-février 1996


    Il y a eu que j'étais tellement mal installé, et je devais mourir, ou faire semblant ce qui, dans un monde-comme, ou comme-monde le nôtre, serait sinon la même chose, ou du moins reviendrait au même. Toute une syntaxe de présence-au-monde, à l'exception de ce que Freud nommait le système perception-conscience (PC). Écrasement de corps sur une pelouse toute fraiche tondue, et sous la pluie.

    Alors on me convoque chez un psychiatre, qui reste silencieux tandis que je l'écoute, en lui donnant à lire quelques poèmes qu'il associe à Paul Celan, et je lui dis très bien et je ressors. Jusqu'aux plusieurs mois qui verront le drame comme s'amplifier, c'est là que j'aurai dû mourir par la falaise, je lui dis, et ce seront quelques paroles qui résoudront le temps horrible qui me multiplie, donc me déchire, comme m'avait amené (ce temps) à la rue Francs-Bourgeois, une rue que je juge impossible à entendre maintenant, on me convoque et je ressors, j'ai conscience d'avor été impliqué dans une histoire dont le rapport ne peut que m'être défavorable dans la mesure où quelque chose se construit ou se poursuit à travers moi, je souhaite donc mourir.

    Je propose que l'on meure, et voir à quoi même cela doit aboutir – ne suscitera rien, que de terrible dans le « mal foutu » qui serait une discipline, je crains, à cause justement d'un rêve violet de maison imbriquée dans un récit de claquement de portes.

    Je ne reviendrai rien, je te ferai péter les dents, les miennes.

    Je sais ce qu'il y a à voir, nous sommes bien ici et je te tends la main, geste très tendre qui attend – et tu le sais – une réponse plus que cruelle.

    Dans une mare
    on liquide la rue
    la rue étroite les paravents
    marchent lents
    et je les compte je
    marche
    sous la flaque qui dure
    contre le mouvement irréversible des saisons.

    Nous aurions pu rester longtemps à cet endroit devenu invivable, autant pour l'un que pour l'autre et sans qu'il y ait de raison à cela. Ou quelque chose nous écrasait et nous aimions finalement puisque nous devions y rester (longtemps). Et lorsque tu as eu bu de mon sang, que je t'avais offert depuis la main qui panse les plaies que tu lui offres et que tu as percée, à un endroit précis pour justement y voir un peu de sang, couler, et goûter de mon sang ce que, sans doute, peu auraient osé, tu as tiré des lignes sur nos vivres et comme je n'ai pas l'intention de te revoir, sauf à te reconstruire entièrement, je reproduis les marques de notre rencontre, à voir à quoi elle devait aboutir – plusieurs années ensuite ou : en-deçà.

    Je propose que tu gicles de ma tête, de mon histoire. Quitte à un écrasement de tête, le peu oubli.

    Je propose même que tu retraces « le chemin parcouru » ensemble.

    J'en finirai bientôt, avec toute proposition. Il n'y a pas à poursuivre longtemps. Il faut aller ailleurs, lorsque rien ne convient. Cette maison ne devait pas nous accueillir. Nous n'étions pas comme des hôtes.


    * * *


    Ou bien. Il resterait à voir ce que redonne une pareille marque, « conjonction ». Et donc, ce qu'il y a / y aurait à conjoindre. Tout ce à quoi je puis repenser, aujourd'hui dans le temps, remonte sans doute « à très loin ». Je pose le problème par invectives successives. Dans un rêve je marche une hache à la main, sur mon passage ce sont des dizaines de personnes qui tombent. C'est lorsqu'une seule me fait face, la terreur me prend, je rentre dans une maison vide que l'on appelle « maison du crime ». J'ai ma version du crime. Je ne la partage pas.



    Dernière édition par pascal le Mar 14 Sep 2010 - 3:38, édité 2 fois
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    Re: L'horreur du sol

    Message  Irpli le Mar 14 Sep 2010 - 3:04

    Des jours où l'origine de l'homme pose le problème de la conscience, et du langage. Mon problème, d'avoir une « conscience » (qu'est-ce que c'est ? Je rêve, et je pourrais refabriquer mes rêves, par exemple à la faveur d'un rhume). Et c'est encore la conscience que l'on cherche à liquider, pas seulement en termes de suicide.

    Brutalement, l'activité paraît morbide et rien, rien d'autre. Donc sa littérarité s'ennuie, sa charge métaphysique comme annulée, intensité au degré le plus faible parce qu'on a remâché la scène, voyez-vous, assez pour qu'elle se suffise d'elle-même, à être forme, n'est-ce pas ? Laquelle ? Et la notion de scène me paraît suspecte. Qu'y avait-il eu, jusqu'où, qui puisse justifier d'un pareil découpage ? Il y a eu perte de connaissance, à des moments, et quand nous sommes arrivés à l'hôpital, l'hilarité était furieuse, j'étais hilare furieux, bientôt je pleurerais et ce renversement serait la seconde chute, à savoir qu'une hilarité hilare durable, alors, aurait pu faire sauter le reste de « conscience » que je me concevais, tandis que c'était force ça, de rire dans une situation aussi débile, dans un contexte malséant (mal bienséant) qui deviendrait, en ce qu'il y a de néfaste semble-t-il, au rire, lenteur.

    J'aboutirai à quelque chose, à force de revoir des scènes – action pourtant invalidée, comment devrait-elle fonctionner : en l'absence d'une mémoire effective, ou sélective ? - Scènes dont je ne dirai rien, dont je n'écrirai rien, partagé entre un impact visuel de chute, de station allongée sur un lit d'hôpital, de parc au printemps dans une zone relativement calme de Paris, et une énonciation qui pose son présent comme une annulation de tout le reste, au point qu'il n'y aura jamais intrigue, ou manifestation d'autrui, ou monde à personnages, personnes, persona – donc je me focaliserai sur cette zone (ça aussi s'appelle zone) de la conscience (présence immédiate de ma réflexion réflexive).

    Il est vrai que je suis ici et qu'ici « est un lieu » - et c'est le point de départ. Le lieu est le point de départ, ou non. Car pour qu'il y ait lieu il faut que j'en sois le témoin, voire l'organisateur. Il faudrait que je me déplace, que je produise le contexte favorable de mes remembrances. À supposer même que j'aie la force de me livrer à pareil entreprise, le résultat serait à peu près nul, il resterait à dire pourquoi j'en suis à ce point sûr, ce n'est pas une prémonition, ce n'est pas pour autant une supposition, c'est un acte. Nier comme, tout à fait comme, écrire.

    Ou nier par l'écriture quelque chose qui est arrivé, j'en suis certain, dans un contexte Francs-Bourgeois, alors que tout ce qui pouvait alors me faire sourire était, à une fenêtre entrouverte, non la rue mais une voix de vocalises haut, et qui me parvenait à une époque où la musique me semblait la seule salvation, momentanée reproductible cependant, à l'infini, au point qu'il ne se passerait bientôt plus une semaine sans que je me rende à l'un de ces concerts qui sont donnés, gratuitement ou à très peu de frais, dans quelques salles à Paris. J'aimais me perdre dans l'anonymat de ces salles de concert, jouir de musiques vivantes, la présence des musiciens devenait nécessaire à l'écoute, c'est toute une culture musicale qui s'en trouvait modifiée. Et je comprenais les propos de ce chef d'orchestre qui disait ne pas écouter de musique chez lui, moi-même je n'écoutais plus guère que la radio, et encore d'une oreille distraite, la radio devenait, à ce point, un instrument de mon suicide.

    Un temps, la musique est devenue un vrai problème pour moi. Une question d'identité, au point que je devais avoir comme perdu mon identité lorsque je ne pouvais plus rien écouter/ Aujourd'hui donc je parlerais de chute dans du jazz, dans une musique sans début et sans fin, sans refrain et sans air, une musique que j'écoutais avec cynisme. J'ai vécu la radio comme une ontologie négative de la musique, dans un rapport minimal d'entente, jusqu'à Bartok. Donc Bartok m'a rendu à la musique, et avec lui Boulez, mais moi-même j'étais désarmé et mon rapport à la musique en devint plus insupportable. Ce n'est pas illusoire de dire que c'est à cause de cette chanson des Beatles reprise collectivement par une bande d'étudiants en fin d'année et que je méprisais pour leur communauté que j'ai évacué mon corps en cette fin d'après-midi orageuse par la fenêtre, dans un rapport tellement oui radicalement intime que j'entretenais alors avec la musique de Webern, vers une métaphysique qui m'aurait sauvé sans le matérialisme qui me donne à dire. C'est excessif d'y voir leur responsabilité plus que la mienne, ça n'est pas illusoire pour autant. Ils ont souhaité que j'interrompe leur chanson, dans la mesure où aucun d'eux ne souhaitait que cette comédie de fin d'année – scolaire ou universitaire – se prolonge à travers une chanson telle que celle qu'ils chantaient, saloperie qui motive toute la superstition de dire qu'on est ensemble. Alors peut-être, non, je n'ai rien décidé, je déterre le concept d'inconscient collectif, je le modèle à ma manière, je dis que c'était une scène (pensez-vous !) ou une blague, ou quelque chose de plus sinistre que ce qui en aurait été dit, de toutes façons, si tout cela avait eu à se dérouler normalement. Pas un suicide donc. Mais un rapport au monde nécessité par des conditions historiques irréversibles, qu'il s'agit de poursuivre. Je demande à être lu par mon histoire. Sous l'effet de calmants, en l'absence de substances dont j'aurais encore à dire (par opposition aux calmants, justement) la nécessité critique et métacritique je pourrais penser qu'il y a, sans se poser de question, à lire dans la chair même – plus que dans la syntagmatique (je la juge torve) de son énonciation – de celui qui l'écrit, l'autobiographie, pas son autobiographie, la même ce serait, pour tous ----

    Une maison violette (des aspers).

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    Re: L'horreur du sol

    Message  Irpli le Mar 14 Sep 2010 - 3:15

    Je reçois donc toute cette mythique contre moi-même, qu'il n'y ait pas à dire je regrette de ne rien pouvoir dire, il faudrait que je joue à l'historien avec moi-même et j'ai perdu les dates pensez-vous. Mais y voir un symptome, cela me dégoûte aussi bien. Je construis cet échec, de but en blanc, est-ce que je croyais pouvoir retourner, de toutes façons, à quelque chose de véridique : la rue des Francs-Bourgeois, le CCS, les deux parcs l'un tout maigre et l'autre plus tragique, sans compter le reste – ce qui s'est fossilisé en engendrant plusieurs autres séquences, rien que du signe, perdu dans le mythe de l'absence des choses alors que, bien, on l'a bien vu, il s'agit d'autre chose, que montrent mieux que tout le reste les aspers, la maison aux aspers, la famille lénifiante qui hurlait aux aspers dehors. J'ai tenu un journal, tout ce temps et tout se tient autrement dit : tout a été dit déjà. Aujourd'hui l'actualité serait, je ne veux pas mourir mais voyez comme on se prépare « là-bas » à travers une sorte de travail incantatoire qui ne peut viser à autre chose puisque c'est ce qu'il y a, aujourd'hui, d'actuel que je dénomme mort demain – mais je ne mourrai pas je n'y tiens pas. J'écoute la « Maison de thé » sur France musique et je me dis, ou je ressasse que non, vraiment, c'était déjà stupide il y a des années, et aujourd'hui, comment reprendre ?

    Retourner, à quoi sinon « en ventre », ce qui n'était déjà pas permis. Dans une série de journées ressemblantes, plus ou moins, martellement de bus et de métro – aujourd'hui de tramway – et qui conduirait nécessairement à quelque chose, dont le primat serait à une intensité, une énergie qui est le fondement de ce que je crois être mon langage, contre – moi et se double-articule et se bascule à la fenêtre, c'est encore – dire ! Une pratique littéraire vraiment. Je ne sais pas. Injustement je crierai à l'injusterie, je renverrai la balle à tout un tas de gens que je considère pour survivre, comme des ennemis. Pour me survivre, là où dans l'intensité qui est le jaillissement logorrhique même et qui conduit à des séries de jeux de morts infames, à des rapprochements qui sont des agglutinations je me reperds, pas de schizophrénie et pas de mort mais un travail social, social vraiment. Histoire d'histoire.

    La seule chose dont je me souvienne finalement, c'est ou ce pourrait être quelque chose de bien instable ou de trop stable encore, comme des poupées russes ramenées de Russier et donc, d'un temps plus lointain encore, donc dont la réalité me semble de plus en plus frauduleuse, mais des poupées russes si éloignées, dont des morceaux se sont cassés, d'autres perdus, et l'ensemble aujourd'hui se tient : dans le fantasme. Même s'il y a un modèle, pour ces choses c'est ce que je refuse précisément, je me tiendrai et là encore tant pis, pour moi dans la posture de dire ça n'est pas vraisemblable, ces morceaux les uns entiers les autres félés ou brisés, de matriochki adorables, ne s'assemblaient pas de toutes façons. Pas de chronologie depuis les dernières fonctions sociales dans lesquelles je me suis inscrit, et qui reviennent à aujourd'hui me poser dans des termes non pas similaires finalement mais aussi effroyables puis-je dire, sinon même que je ne me permettrai plus aujourd'hui toute la mystique d'hier, je la liquide voyez-vous, en moi et c'est ce dénuement qui reste l'effort seul espoir seul vivre que je puis poursuivre. À travers la chronologie qui dit, et elle me dit on le voit bien, que dans la mesure même où je le lui fais dire : aujourd'hui, aujourd'hui. Ce que comptent les tasses de café. La nuit dans une tasse pleine de café et le jour, comme une ponctuation, ce sera café sur café, dans une pratique suicide ou parfois religieuse, sacralisante, pourquoi pas ?






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    Re: L'horreur du sol

    Message  Irpli le Mar 14 Sep 2010 - 3:22


    Une petite série de petits textes. Et qu'est-ce qu'il y aurait à dire de la notion de série, ici ? « J'avais la faiblesse absolue », que signifie ? Et je m'endors. Dans le « petit », des longueurs inégales. Alors qu'il s'agirait de mettre en évidence le déplacement : et de quoi parlait-on, lorsqu'on disait des « petits » textes ? Qu'il n'y aurait pas grand-chose d'autre à en dire. Finalement, c'est ce qui a eu lieu qui importe. Mais où est-elle, cette « action » ? Pas en énonciation, je marque la nuit ce qui s'est passé. Et quelque chose de rigolo, aussi, était de voir des têtes ébahies au drame vrai, alors que jusqu'ici on se serait penché sur quelque chose d'encore virtuel : de petits textes, qui ne se complètent pas les uns les autres mais une complète redite. Il y a autre chose, certainement. Mais quoi. Je cherche dans mes rêves comme un autre bout de mon énonciation. Où cela va-t-il ? Avec frayeur et sans durcissement je remarque que, de jour en jour, le goût de pente ou « perte de conscience » se distancie de moi. Ou je n'ai pas de nom. Je n'ai pas d'origine. Je serai ce moment précis qui ne se construit une temporalité que dans la faiblesse absolue, laquelle ? Je ne bougerai plus.

    C'en est fini de cette tentation ancienne. Des coupures de journaux se sont amoncelées au sol, c'était l'expédition que je suivais de jour en jour, devait se terminer tragiquement. Et chaque jour, plutôt que d'attendre, je tentais d'en rédiger le résumé, ce qu'il n'y a pas de possible donc. Et je le reprenais de jour en jour, croyant prendre du temps, un temps inouï. Fini. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, ces triples-buses de différentes nationalités et qui, en dépit de ce que leurs langues provenaient (soit-disant) d'une même famille, se rendant incapables de communiquer, s'enfuyaient dans la neige. Ils ne le voyaient pas. Ou ils n'étaient pas pétrifiés, encore, et jusqu'au bout ils lutteraient tandis que des voix extérieures leur enverraient des insultes variées – crétins, crétins, crétins...

    Des figures héroïques, vraiment. Et cette chambre me concerne. Donc j'ai cessé de parcouir les tranches de journaux où l'on évoquait l'expédition qui devait liquider ces téméraires explorateurs, et j'en suis revenu à des problèmes de syntaxe. Question que j'avais omise dans un temps antérieur mais qui était vraiment le lieu de mon enfermement. Capable de me retrouver en dépit du dos abîmé par un essor tragique devant la machine stupide au fonctionnement lent, je perdrais la raison. Une voix extérieure crierait : « Enfin, enfin ! »

    De guerre lasse. Violence de ces crises d'angoisse qui m'avaient porté haut d'abord, rappelé à la chute par la gravité terrestre. Violence, encore, d'un acte dont je me suis senti spolié, auquel je ne puis dire avoir pris part – pas de motivations, or je n'attendais rien. Je puis encore poursuivre mes retracements, la rue des Francs-Bourgeois, comme si j'étais si seul qu'au lendemain, d'avoir produit quelque chose enfin avec véracité, je m'en mordrais les doigts. Je ne puis dire avoir vécu cela. À donc nier comme un statut autobiographique de cette revue de presse, ou je me retrouve à nouveau spolié de quelque chose dont j'avais pu croire, dans un univers à proprement parler désert, ou qu'on a déserté, qu'il s'y trouvait quelque chose de moi. Les statistiques montrent le suicide, en termes souvent d'« accidents » parce que la socialité d'un pareil geste est telle que l'on ne voudrait pas la voir. En termes d'accidents : celui qui se suicide est lu, reçu par son époque, il perd son nom et son histoire, il n'y a jamais eu d'histoire derrière un suicide et c'est pourquoi tous restent inexpliqués. Il faut peut-être y voir une forme de militantisme. Je n'ai rien vécu de tel. J'aimais, quitte à avoir perdu le sens de cette fonction anthropologique. J'avais une chemise déchirée. Il était près de six heures du soir (ce qui suffit, à mon sens, à tout expliquer).

    Les statistiques taisent l'importance du cycle nychtéméral dans le travail social du suicide accident.

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