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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    Le vers sériel

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    Irpli
    seriata

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    Le vers sériel

    Message  Irpli le Mer 10 Nov 2010 - 18:23

    L'amour est égoïste et la série est altruiste
    Et la série de mes amours
    Est altruiste, nécessairement.
    Elle va vers l'autre
    Et se perd en chemin
    D'aucuns diront que ma série n'est pas finie
    (Ou moi)
    Mais d'altruisme elle a toujours tendu à tendre vers
    Or tendre vers était sériel
    Et la série n'est pas finie !
    Ni moi. Même le vers
    De la tension était sériel.
    Pas plus que moi enfin. Reste à savoir
    Où donc est passée l'autre en cette confusion de vers.

    Mais dans le
    Bain peut-être ?
    Au court-bouillon ? Un jus
    Aux 7 couleurs de l'arc-en-ciel ?


    ___________________



    Le vers sériel est strict
    Comme le sérialisme
    Sa chair est densité
    Sa peau - intensité

    Son ossature n'est que durée
    Et la hauteur de sa respiration
    Constitue une série dé stricts
    Complexes pulmonaires

    J'y respire
    -rai
    En toute sérénité
    Dans des eaux
    Calmes dé chaos

    Qu'elles baignent de loin
    Ce corps qui n'est que mutation !

    N'est qu'une série.


    ___________________



    Pardi, pardi !
    Parlez-en aux portes du paradis
    Elles vous répondront mal
    En se fermant
    Et en grinçant, pour tout dire.
    Cuistres de portes paradisiaques
    Qui n'admettent qu'une seule série
    Seule, comme un damné
    Maître du paradis.

    N'est qu'une série, une série de limites
    Ou une série sans suite
    Série de failles qui disent la faillite
    Dans l'aversion de leurs limites
    Puisqu'elles se bornent elles-mêmes
    À n'être qu'une série - et une série seule
    Puisqu'elle n'a pas de suite !
    La vie n'est qu'une structure sérielle.


    ___________________



    Les ruisseaux sont les bras, pas les bras de la terre :
    Les bras de la série.
    Elle plaide dans l'eau, dans l'eau de ses bras,
    Toujours
    À agiter ses bras en faveur de la vie
    Mais pour la diviser en en vers, comme de tout petits
    Bateaux qui ne seraient que des bâtons de bois,
    Comme si la vie n'était qu'une
    Série seule,
    Pluvieuse,
    Noyée entre les torsions de la terre
    Qui écrit son poème impatiemment.


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    Sériellement le vers se tord.
    Un vers trop droit ne se lit pas.

    Si l'on filait le vers selon ses contorsions,
    On pourrait en déduire l'abstraction
    Et la coder comme un langage articulé.

    Avec des roues, des écrous et
    Un œil.
    Sur la table de bois qui coulé l'heure dans le vers
    Et réciproquement

    Pour qu'on y mange.


    ___________________



    Une série de vers ne font-ils pas un vers sériel ?
    Même l'unique corbeau des trompettes marines
    N'est qu'une série. N'est qu'une série. Une série
    Seule peut-être. Comme un vers si isolé, pardi !
    Qu'il n'épouse aucune forme descriptible. Une
    Série hiéroglyphique donc. Mais seule, trop noueuse
    Pour être démêlée. Alors, à quelle condition
    Cette masse opaque mal-signifiante peut-elle
    S'organiser sériellement ? "N'est qu'une série !',
    Diront les uns."une série seule !", diront les autres
    En quête de série, bizarrement, à l'intérieur
    Autant qu'à l'extérieur du vers pourtant unisériel !
    Fasse qu'on ne se trompe pas de mutation !



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    Le vers sériel ne s'oppose pas au vers système :
    Il le complète.
    Le vers système était une borne, une borne kilométrique
    Pour qui ne savait compter
    Le système général sériel a eu bien du mérite
    À remettre de l'ordre dans tout ça !

    Pluriel de nos enfances.
    Tu intègres "la vie".



    ___________________





    Appelons "vers sériel"
    Un vers obéissant à une doctrine sérielle.
    Qu'il la clame, d'ailleurs !
    Sinon - on l'oublierait.
    Le vers ne s'en remettrait pas.
    Il serait comme
    Sans série, autant dire sans allure,
    Sans allant. Ce ne serait pas un vers,
    Pas sans série enfin !
    Il ne faut pas qu'un vers
    S'abstienne d'être doctrinaire quand on le tord.

    Qu'il ne soit
    Qu'une série (et une série seule)
    C'est le mot d'ordre (du chaos)
    Une série seule mais ambiguë
    On ne saurait jamais ou vont les termes
    Isolés et accompagnés - déliés et enchaînés
    De ce qui n'est et ne peut être qu'une série
    Intransitive (même de ses propres termes)
    Qu'il vienne à perdre son identité de vers, au fait.
    Qu'il n'y ait plus de vers, enfin. Qu'on dise (même en riant) :
    Ceci n'est pas un vers, voyez !
    Ceci, à bien y regarder
    N'est qu'une série - et encore !
    Si c'est une série seule...


    ___________________




    Personne ne présidera aux funérailles de mon enfance.
    Personne ne verra la fin de la série.
    Personne ne prêtera voix à une pauvre dodécaphonie
    Qui se tord sous le lit de mes errances,
    Un lit géant dont je ne voyais pas les limites
    Personne ne retranscrira les scènes de la fenêtre
    Lorsque se battaient entre elles de longues branches d'arbre,
    Suffisamment humaines pour ne rien croire
    De ce que je leur disais
    D'elles, de leur
    Disparition prochaine, avec l'aube.
    Personne ne s'écoulera au vers sériel
    Qui circule comme une rivière
    Se rend à un enterrement.

    Uh, uh.
    Loué sois-tu, personne.


      La date/heure actuelle est Mar 25 Juil 2017 - 21:35