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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


    Le ruisseau contrarié

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    Irpli
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    Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Jeu 30 Déc 2010 - 5:06

    A toi ma dépression, viens donc prendre la place
    trop longtemps occupée par l'autre, l'anxiété
    Installe-toi et bois de mon infâme thé
    Tout juste destiné à rétrécir l'espace.

    Je te raconterai le temps que rien ne passse
    Le ruisseau dévié par la contrariété
    Le sol si insolent qu'on ne peut l'habiter
    Ni même l'éviter, pour qu'y tombe ta tasse.

    L'autre est perverse et toi, toi qui n'es que douceur,
    Je puis tout te redire sans voir que l'horloge
    Avance ou reste fixe selon son humeur.

    je te raconterai l'angoisse qui s'arroge
    Les bris de mon histoire, un ruisseau contrarié
    Dont les heurts ne savaient pas t'entendre prier.
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    Théagène
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Théagène le Jeu 30 Déc 2010 - 18:17

    Le ruisseau, à présent assagi, échaffaude de fort beaux sonnets!
    Bon bout d'an!
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Jeu 30 Déc 2010 - 18:51

    Quel bonheur de te retrouver ici ! C'est l'appel So sonnet ?
    Bonne fin d'année à toi. Rassure-toi : le calme après la tempête annonce souvent l'ouragan.
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    Théagène
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Théagène le Ven 31 Déc 2010 - 6:27

    C'est marrant, je n'en écrit plus depuis bien longtemps...
    En ai-je épuisé la trame?
    J'en ai bien fait le tour, c'est sûr!
    Et il fut bien difficile de m'en départir!
    Hors de la structure, les émotions prennent le pas et les mots sont plus libres mais pas forcément plus facile à domestiquer! Non, ils sont durs à apprivoiser, versatiles...
    Alors, je navigue entre un désir de poésie totale et la recherche d'un consensus avec la structure...
    C'est la partie que développe Le Poète Inconnu actuellement...
    Mais, il a encore du boulot!
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    Irpli
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Ven 31 Déc 2010 - 7:42

    Oui, je vois assez clairement ce que tu veux dire. Le résultat est très réussi sur "Ce n'est pas moi..." J'étais moins convaincu par "Ce soir nous volons" (bien que la lecture sur papier m'ait fait revenir sur mes réserves).

    Le sonnet - plus ou moins régulier, je choisirai toujours parmi ses règles celles qui me conviennent - est pour moi une pratique occasionnelle - au sens fort du terme. Aucune forme comme celle-là ne permet de mettre en miroir les mots - les formes syntaxiques aussi bien - de son langage.

    D'où vient que "Le ruisseau contrarié" apparaît comme le miroir inversé du "Récit ruisselant", dans la lecture que j'en ai aujourd'hui.

    Le récit ruisselant sera publié chez le Chasseur abstrait, peut-être l'année prochaine, à l'exception du "Cahier 1" qui fera l'objet d'une publication séparée (et illutsée par un Graveur Inconnu). Il y a quelque chose de 1992 dans mon 2010 finissant.

    Peut-être simplement le même constat, qu'il y a des choses dont on ne guérit pas. Dont on ne voudrait même pas guérir. L'étrange complicité de l'homme et du fardeau.
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Théagène le Ven 31 Déc 2010 - 18:48

    J'ai travaillé sur le sujet et le résultat, après multiples essais (la technique est nouvelle!) est correct.
    Je te montrerai le tout fini, patience...
    Mais ce projet est bien exaltant!
    Entre les gravures et le Testament, j'ai enfin le sentiment d'une action précise, forte et régulière, significative pour ma petite vie routinière... Et ce changement me comble et me rajeunit!
    Puisse Dieu nous prêter l'énergie necessaire pour accomplir ce que nous devons!
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Sam 1 Jan 2011 - 8:40

    Bonne année à toi Emmanuel,

    Prends ton ton temps pour le récit du.ruisseau : il fête ses 20 ans en 2012.
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Mar 4 Jan 2011 - 5:30

    Quelques poèmes du Récit ruisselant (1992).


    Nous fissurions de graves ciels
    Mais eux aussi, s'enluminaient
    Alors nous n'avions guère le choix
    Avant que d'atteindre à n'importe
    quelle rive, il nous faudrait escalader
    bris après bris sa vulnérable ridation,

    Et la revêtir d'épaisses jachères

    Nos sols d'hiver : parvient-on à
    creuser, ou faut-il que l'on plonge
    Il n'y paraît qu'aire, air, ère


    *




    Revenez, giboulées !
    Nous n’avons pas encore parlé de cet écueil
    qui vous transperce, qui vous ruine
    et moi je sue si froidement.

    Risible conte du matin
    qui plie ma cuiller de fenêtre
    fendue sous la grêle
    qui me parle, qui me parle

    Or sous le ciel qui concasse mes pieds
    un ogre de gelure me mange !
    Ce que j’avais d’intestins
    je l’ai vendu au mauvais temps.

    Perdras-tu ta froideur, amour
    quand je serai plus mort
    que toi, solide pluie,
    -- j’agirai de mon treuil.

    Tomber, tomber, c’est la rosée
    mais c’est la pluie, les giboulées
    c’est toujours notre triste temps :
    nos regards sont de neige pour pleurer.



    *




    Quant à la forme, je la vois vaguement ronde,
    avec d'épars jaillissements.

    Parce que la rondeur est le sein
    Et le sein la seule chose qu'on désire
    Comme un rire peut cacher le vœux unique
    Il y aura des rires, de plus en plus nombreux
    vers le milieu

    Des rires qui formeront des courbes
    Distinctes et indistinctes
    De ce cercle excentré ; d'autres qui le traverseront
    Et le déstabiliseront
    Des droites vives et rivales, des éclats

    Car le poème n'a pas nulle autre forme que dans
    les éclats
    Confus de la réalité
    Différenciée par la diversité de ses engendrements

    La plaie déportée vers l'oralité de la causalité --



    *




    Des rubans, des fauteuils, des serpents
    où je mords
    et un dé, d'une odeur de lavande
    j'y couds
    les lézards sur les murs
    et la jute à la mer.
    Au reflet de mes voiles -- mais ce n'est qu'un avortement
    - voiles tissées d'arachnée -
    j'achèterai parfois des chemins pour m'y voir
    élégant, débusqué, d'un hasard aux saignées belliqueuses.
    Avec ton lieu, ses recoins sombres,
    suprême vendeur,
    je fournirai en confortables cimes
    la durée de tes travaux,
    sédiments précieux plomb pour me sauvegarder.
    Je ne suis qu'un entremetteur
    tout juste destiné ---



    *




    Tu ne sais ce qui appartient à la fumée
    à la buée, huée
    au souffle, au vent
    Tout était question de couleur

    Je suis la toile désignée,
    non avérée

    Or il m'appartient de te dire... ce qui existait
    Une promesse carrelée, propice à être l'ombre
    du transfert qui te surprit

    Car je ne croyais pas - et tu ne verrais pas
    non...
    plus -
    Que tu étais partie de moi-même



    *




    Vous, qui connaitriez le nom de cette falaise
    pour le lui avoir abdiqué

    Et qui n'avez jamais perdu de votre regard
    le vent

    Vous, que je ne voyais dormir qu'à demi
    Sous un arbre, au soleil
    sans lumière

    Et ce fade sourire d'heureux
    gamin qui court, avec tous ces yeux clos
    étouffants pour seule aile...

    Je me meurs, et vous ne faites rien
    Vous avez bu ma plaine, enterré ma prière
    Et gémi, basculant : vos genoux m'ont frôlé

    Je réfute la cime à mon tour
    Existez devant moi, un moment
    Je vous plains, puis m'endors
    à mon tour

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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Mar 4 Jan 2011 - 5:52

    Ce poème est celui de "l'avorton tiède" (ou foetus volontaire, selon le dessin initial). Qui n'aurait pas dû vivre, jamais.

    Les médecins l'avaient pourtant prévenu.


    On a retrouvé l'argument initial dans un cahier prématuré :

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    L'avorton tiède - sa naïveté extrême ne doit pas faire oublier une certaine roublardise - a traversé toutes les époques de son opacité en quelques mois. Il s'est dépossédé, jusqu'au point où il ne pouvait plus accepter de se déposséder de lui-même : sa main écrivait toute seule.

    Le legs de l'avorton, c'est la croyance nue. Une croyance sans dieu, sans idée et surtout - qui refuse de se laisser dicter sa loi par la réalité.

    Que ceux qui ne croient plus en rien passent leur chemin. Ici, tout est imperfection, faiblesse et incapacité. L'amour est inconditionnel.
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Mar 11 Jan 2011 - 4:17



    J’aimais -- un doute volcanique
    et il m’attendrissait -- j’étais
    le compagnon de ses ambiguités ;
    les sages routes ne menaient pas où nous irions
    enfin, dans l’autre temps.

    Mais j’ai plongé l
    a tête, vomi deux ou trois
    cratères
    -- j’ai récité un éloge.
    Une première fois, j’étais tombé :
    ici, peu d’évidences, je me trouverais.

    Le face-à-face avec les flammes ne s’est pas produit.
    J’étais chez moi, enfin.
    Je regardais la sonnerie
    sans mesure ---- de mes volets clos.
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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Mar 11 Jan 2011 - 4:17



    On a connu de telles ruines, c’était déjà en octobre
    qui ne se confondait pas, encore
    mais à l’en croire, les demeures persiflaient.

    (pour ceux qui ne résident pas ici
    ce n’est rien à entendre, c’est un mal
    comme une ville feint son abandon)

    Et de poussière croyait-on,
    Octobre, était encore tout près.
    On referait le monde (ou le monde viendrait)
    comme une voix qui ne s’élève pas
    s’ouvrant, afin de rendre compte
    à chaque pas de sa folie -----

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    Re: Le ruisseau contrarié

    Message  Irpli le Mar 11 Jan 2011 - 4:18

    C'est un ciel encombré, hideux qui m'a dévisagé
    C'est une horreur de s'y connaître
    Seulement
    Et le sais-tu ? Car la radio l'a tu
    Tous les gouvernements le taisent
    L'anarchie est impossible avec un tel silence
    Il y a peu, la pluie m'est tombée sur le nez
    Défiguré, j'errais à la recherche d'un visage
    Alors j'ai embrassé le ciel
    Je m'y suis évanoui
    Ma laideur était séduisante, tu voulais aussi te perdre
    Nul ne t'offre un pareil précipice

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    Re: Le ruisseau contrarié

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