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Notes pour une archéologie du signifiant fr série


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    Kwizera
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    Message  Kwizera le Sam 7 Oct 2006 - 16:53

    Je fais somme toute ce que personne ne veut se coltiner… la sale besace ! Cependant la chance que j’y trouve de pouvoir me justifier d’un trouble… d’une indisposition à l’air ambiant ! C’est que l’époque voudrait tout dénuder ! ne retenir que la fesse ! la chair ! qu’elle soit fraîche ou de saison, fournie ou menue n’est qu’une question justement de menu ! de manie temporaire ! de mode ! ce n’est pas là mon but ni mon gagne pain ou temps que de le perdre à des tergiversations sur leur légitimité… les sociologues s’y essaieront pour moi ! le bon mot ! s’y essaieront ! l’essai ! je les laisse à l’exercice…


    C’est que de même qu’un sportif ne s’occupe guère de la confection de sa chaussure ou le boulanger de celle de son four, il ne me paraît pas évident que l’écrivain se doive d’étudier ses sujets au plus proche. Quand bien même cela lui sera utile, ne l’occupera longtemps… Nous vivons, disais-je, l’heure de la fin des mascarades. La grande marche promise sera celle du dépouillement ! qu’on trouve le secret de la poule ! de ses œufs d’or ! que le mécanisme nous apparaisse dans son immondice ! arrachons le voile ! que seule la chaire survive ! que tombent enfin les grilles ! que chacun trouve en son prochain un reflet de soi même ! qu’on découvre enfin la compatibilité extrême… la seule qui prévaille ! je parle ici d’arrangements anatomiques… génitaux dont je pense qu’il est du ressort des spécialistes de nous confirmer ou non l’avis qui monte… de si on pourra un jour enfin se mélanger entier ? corps et âme ? et avec quoi ? quelles limites ? ce que la future mère de famille attend… mijote… rêvasse… qu’on lui offre un chat, un chien, que sais-je… un étalon, comme compagnon ! que les races soient bannies plus loin qu’on ne l’imagine ! des enfants photo synthèse ! des enfants poutres ! j’en passe…


    Seulement le sujet qui me chiffonne réellement… auquel je m’oppose… pour ainsi dire qui me révolte : la fin de toute technique ! de toute esthétique ! que je vois devant tout ce débalement l’idée surgir que pour en arriver là, nous devrons supprimer la spécifité ! l’horreur des révolutions ! les œufs de l’omelette populaire ! qui ne va pas sans qu’on en casse ! le prix du rêve ! bien sur le mythe du grand soir ne déplace plus les foules… cette pseudo-révolution se meut donc d’elle-même, portée par des slogans publicitaires, par une technologie toujours plus à même de nous rapprocher, nous pauvres terriens qui étouffons déjà de sentir notre suivant si proche ! Je suis, c’est entendu, un jeune de l’ancienne école… je ne serai pas chef de file du déshabillage public ! j’ai le vice caché de m’exciter de la situation vestimentaire… Je m’inquiète du look… à poil je trouve que souvent le charme manque ! N’étant pas moins animal qu’un autre, ni plus disposé à froisser ma compagne, j’expédie l’affaire avec la doigté qu’elle requiert, mais vous m’avez saisi, ceci n’est point mon pied !


    Evidemment lorsque ce changement sera effectif je ne serai pas de taille à le stopper, et j’avoue d’avance, répondant à toute question, que la torture ne sera point nécessaire à me défaire de l’envie de contrer cette avancée. Si je parle maintenant, c’est que l’heure me semble parmi les dernières où ma technique peut s’exprimer sans censure.


    Le style du comique par exemple est enclin à certain changement… on ne fait plus rire que par soi ! fini de jouer des personnages ! s’imaginer un autre passe pour crime sinon que vous le flattiez… le déguisez guignol naïf totalement inoffensif ! on vous demande le naturel ! dépouillé de votre perruquerie ! que votre graisse s’impose aux yeux de tous ! Pourtant, sans être plongé dans la pratique du spectacle… le style naturel décontracté demande beaucoup de travail ! de jeu ! de torsions ! le métal de base est à bon marché que parce qu’il demande des efforts extraordinaires avant de briller joyaux ! l’évidence même ! 6 milliards d’exemplaires gratuits !


    L’assimilation commune du poème à la chanson, ou plutôt dans le sens inverse, de la chanson au poème, révèle une inclinaison vers la purée. L’idée que nous, hommes écrasés par un destin si lourd, ne saurions nous trouver d’autres tortionnaires parmi les artistes ! qu’il serait préférable que nous y trouvions des tyrans !


    J’entends énervé, que le slam viendra remplacer la poésie… croisement dont je vous parlais ci-dessus ! rap poésie bien trop complexes systèmes ! le slam tombe cheveux sur la soupe ! populaire ! le rap dont le martelé « issu d’une génération qui a trop souffert du rock » m’a conquis avec toute l’imperfection de la musique actuelle, avait, derrière le défaut de créativité parolier dont souffrait bien de ces membres, une véritable ambition technique ! finalement il n’en restera qu’un hurlement brouillon qui niera toute musicalité…


    La base de la confiance qu’un poète place en son lecteur provient de ceci qu’il ne lui livre pas une recette mais une formule. Il faut replacer la poésie en référence au langage pour comprendre combien elle est indispensable ; en opposition à cette bouleversante tendance à la simplification des moyens de communication que nous vivons. Le souci premier de l’écriture étant de transmettre des sentiments, des informations, il est certain que les codes formalisés des journaux et ceux enfantisés des livres modernes, participe à une torpeur sinon planétaire, du moins de sa partie occidentale.


    Ne croyez pas que je m’en vais dénoncer quoi quès ! je viens ici comme le modeste paysan embêté qui voit se perdre ses méthodes, rappeler l’utilité des miennes...


    L’ennui de la scalpélisation de l’homme et par de là des rouages qu’il véhiculait est de voir s’enfuir un certain type de littérature que je crois intimement lié à la part humaine de cet animal bipède.


    J’ai dans ma manière de concevoir l’écriture - même la prose, même le roman - cette tendance très poétique à n’en point trop vouloir dire… à suggérer. Je prends l’art de l’acteur dans la faculté à camper à un salaud, non en étudiant ce qui révèlera au public qu’il en est un, mais en tentant au contraire de le dissimuler ; comme seul un vrai salaud le ferait, et sans quoi nous avons à faire, me semble t’il, à un usurpateur, un pisse pas loin, et également à un mauvais acteur, dont le jeu surfait se plombe de caricaturales exagérations. Cela déplait aux dénudeurs ! il faudrait, clament ils, montrer le salaud les tripes à l’air ! qu’on le voit dans ses actions ! qu’on l’inscrive indélébile à l’encre sur son front son torse sa canne sa tombe ! qu’on prévienne chacun ! qu’on étudie d’où ça puisse venir ! puis qu’on en finisse enfin ! qu’on se débarrasse de cela ! que ce n’est pas possible qu’une telle vermine nous soit encore dans le futur donnée ainsi en spectacle ! qu’on s’est retenu de gerber tout en regardant ! que la condamnation nous rassure bien de pas avoir été complice ! ne poussons pas ! chacun son tour viendra cracher !


    N’ayant aucune haine particulière avec quelconque penchant humain, je m’abstiendrais de décider sur ces alternatives… la démocratie a ceci de vicieux d’inviter moins à l’égalité qu’à la confusion. Croire que sa voix, pour ce qu’elle sera prise en compte à même pourcentage que toute autre, prend une valeur décisive revient à croire qu’une guerre se termine à la mort d’un soldat. L’égalité, pour l’imposer il faut d’abord la détester vraiment, et cela les politiques l’ont compris depuis lurette. On en distribue comme d’un chewing gum à la découverte d’un film. Que chacun ait le sien ! s’en retourne montrer aux autres ce qu’il a aussi reçu ! la communion laïque !


    Puisque nous en sommes venu à l’égalité… je prends l’exemple de la liberté. Ce n’est pas un droit qui ne s’accompagne de réserves ! les parents d’une jeune fille, lui lassant la soirée libre, lui offrent par là bien des responsabilités ! Le pacte tacite qu’un auteur passe avec son lecteur est une relation qui partage bien des similitudes avec ce cas de figure.

    L’orientation poétique qui consiste à ne pas dévoiler l’idée brute de forme, à ne pas livrer les mots dans un agencement standard implique une exigence envers le lecteur que l’on pourrait ainsi comparer à un jeune amoureux qui, apercevant sa bien aimée au milieu d’une famille hostile et regardante, se doit d’interpréter et de savourer les actes de sa dulcinée comme s’il s’agissait d’un code secret connu d’eux seuls (et auquel il m’est difficile, en tant qu’aucun des deux, de n’apporter foi).


    Le poète ainsi, contrairement au romancier, au chanteur ou encore au cinéaste, établit un véritable dialogue avec son lecteur. Il ne lui livre pas sa baguette quotidienne, mais le force à la faim. Le dialogue s’instaure si le lecteur, de son côté accepte de fournir cet effort, et donc de prêter de bonnes intentions à son interlocuteur. Car il est des mots obscurs comme de la discrétion d’une dame -dont on ne peut savoir à priori qu’elle cache l’indifférence ou le clin d’œil -, tout est à lire entre les lignes.
    En des temps transparents, nous appellerons ça une rébellion.
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    Irpli
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    Re: Dialogue

    Message  Irpli le Dim 8 Oct 2006 - 4:10

    C'est une réponse à Med37 ?

    Kwizera
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    Re: Dialogue

    Message  Kwizera le Dim 8 Oct 2006 - 6:56

    uhuh, non même pas

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    Re: Dialogue

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